Dans les colonnes du JDD Marie-Rose Guarniéri raconte le prix Wepler/La poste dernier prix de la saison littéraire.
Alain Le Diberder: Révolution numérique et industries culturelles
Alain a publié plusieurs ouvrages consacrés à la télévision, aux jeux vidéo et à la cyberculture. Tous remarquables.
Bernard Maris: Antimanuel d'économie : Tome 2, Les cigales
Réflexions sur le rôle des économistes, celui de la gratuité et réflexions philosophiques sur la consommation.
Florent Latrive: Du bon usage de la piraterie : Culture libre, sciences ouvertes
Journaliste à Libération, Florent Latrive a poussé plus loin la réflexion sur les bénéfices de la "piraterie".
Jeremy Rifkin: L'âge de l'accès : La nouvelle culture du capitalisme
En 1999, Rifkin a pensé l'impact d'Internet sur les modèles existants. Toujours d'actualité.
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On peut se poser la question de la pertinence d'une régie intégrée comparée à celle d'une régie externe. Mon expérience à la tête de la régie de Nova (Radio Nova, Nova Mag) au milieu des années 90 m'amène deux trois réflexions.
1/ Dans un monde parfait, l'avantage d'une régie intégrée est de pouvoir développer des partenariats ciblés avec des annonceurs choisis. Construire une sorte de club d'annonceurs, chacun exclusif sur son secteur, et construire avec eux un univers sonore propre au territoire de marque de chacun tout en respectant le confort des auditeurs du programme. L'idée est séduisante mais je ne connais pas d'exemple réussi dans ce domaine. Généralement, les arguments avancés par les annonceurs (mais surtout leurs agences) pour expliquer leur refus étaient toujours les mêmes; cohérence de marque, coûts (rapportés à l'audience).
2/ Confier la commercialisation de son espace à une régie vous expose à ouvrir votre espace à une avalanche de spots souvent sans rapport avec votre univers. C'est parce que nous n'avons pas réussi a créer ce club "premium" sur Nova que nous avons passé des accords avec des régies qui fédéraient des radios indépendantes et qui ont ouvert l'antenne à des flots de pub qui ont pollué l'antenne (et qui la polluent toujours).
Spotify va devoir donc devoir trouver un point d'équilibre entre le confort des utilisateurs du service gratuit susceptibles de basculer sur le premium et son besoin de financement, trop de pub risquant de faire fuir les utilisateurs vers les autres services d'écoute en ligne.
Bon courage!
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L'affaire Google/BNF a réveillé la filière du livre, comme si
chacun prenait soudainement conscience de l'arrivée du numérique et de sa
grande puissance de déstabilisation, voire de destruction, des modèles en
place.
En fait, le premier évènement qui a sonné l'heure des
grandes manœuvres, a certainement été le rachat de Numilog par Hachette en mai
2008. Ce rachat donnait le départ de la course à l'armement en matière de
plateformes de distribution numérique, et les principaux éditeurs ont depuis
choisi leur camp.
Avant cela, on lisait ici ou là que des études étaient lancées,
des rapports commandés, des projets en marche.
Le numérique était au cœur de toutes les conversations dans les allées du Salon du Livre en mars dernier. Son inauguration par Nathalie Kosciusko-Morizet Secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique, en lieu et place du Ministre de la Culture, ainsi que son discours d'introduction des Assises Professionnelles du Livre, avait donné le ton, mais passés les discours et les effets d'annonce, rien de bien concret.
C'est donc bien l'annonce de l'accord entre Google et la BNF qui a emballé la machine. Depuis, pour accompagner les annonces qui sonnent comme autant de menaces suivant qu'on est éditeur ou libraire (arrivée du Kindle en Europe, création d'Eden[1], d'E-plateforme[2], arrivée de Google Edition en 2010[3], publication de la première étude sur le piratage du livre[4]), les articles et autres prises de position se succèdent à un rythme soutenu.
Dernier en date, dans son édition du samedi 31 octobre dernier Le Monde a ouvert ses colonnes à cinq acteurs du secteur du livre qui expriment des points de vue différents, voire radicalement opposés.
Antoine Gallimard, PDG des éditions Gallimard, souligne le fait que les acteurs historiques de la filière du livre et les nouveaux entrants de la filière numérique ne partagent pas les mêmes objectifs et qu'il faut donc se méfier de leur numéro de charme.
Je ne crois pas à la sincérité ni à la bienveillance de ceux
qui en ont pris l'initiative.
C'est à celui qui prendra le premier l'ascendant, en
imposant son lecteur, son format, son réseau, sa boutique, ses prix, son
moteur, sa bibliothèque.
Dans cette perspective, il est urgent que les éditeurs puissent être assurés de la maîtrise des prix et des fichiers dans l'univers numérique.
Arnaud Nourry, PDG d'Hachette Livre, plaide pour une entente
entre éditeurs et les invite à rejoindre le projet Numilog tout en étant
conscient que l'image d'Hachette fait peur.
Deux sociétés américaines, Google et Amazon, font figure de
pionnières dans ce domaine. Elles sont engagées dans une course de vitesse qui
peut leur donner, à terme, les clés d'un monopole ou d'une position dominante.
Ainsi j'ai proposé d'ouvrir le capital de Numilog, leader
français du stockage et de la commercialisation de livres numériques, à tous
les éditeurs intéressés, pour que nous puissions constituer une plateforme
commune.
Arash Derambarsh, directeur du
département politique et personnalités publiques au Cherche Midi est résolument
optimiste et milite pour le tout numérique en mettant en avant les avantages
pratiques de la dématérialisation du livre
Les éditeurs français exigent de Google le respect de la
loi, et ils ont raison. Toutefois, le livre électronique est une chance. Il
apporte une réponse pratique. En effet, le Kindle, livre électronique d'Amazon,
peut télécharger 1 500 ouvrages. Pour le cartable des étudiants, c'est une
réponse exceptionnelle. De plus, la nouvelle génération pourra beaucoup plus
facilement se familiariser avec les classiques.
Bruno Racine, président de la Bibliothèque nationale de France, défend ses positions et son partenariat avec Google
Les discussions menées par la BNF avec des partenaires
privés s'inscrivent dans le dialogue nécessaire avec les nouveaux acteurs du
numérique et ne constituent en aucun cas un renoncement à ses missions de
service public qui consistent notamment à diffuser ses fonds patrimoniaux.
Rémy Toulouse, directeur des éditions Les Prairies
ordinaires défend lui, le livre dans sa forme traditionnelle
C'est dans le livre seul, avec sa forme finie si spécifique, que la "véritable" lecture peut s'effectuer, celle qui implique attention, concentration, durée, désintérêt. Et le fameux e-book nous semble moins un livre nouveau qu'un facteur clé de sa marginalisation.
Il reste malgré tout des pistes de travail sur lesquelles
ces acteurs peuvent travailler ensemble. Encore faut-il définir des objectifs
en évitant les fausses pistes et sans perdre de vue quelques réalités.
La première est qu'Amazon et Google sont performants. Ils
ont des années d'avance, des millions d'utilisateurs qui les ont adoptés au
point d'en faire des standards,
des moyens financiers qui les placent dans une autre dimension, et sans aucun
doute bien des projets en réserve. Il ne sert donc à rien de travailler sur des
services qui viseraient à les concurrencer frontalement sans chercher à être
encore plus performant.
La deuxième est que le livre dans sa forme actuelle restera pour de nombreuses années encore la source principale de revenus de tous les acteurs de la chaîne du livre. Il faut donc penser à intégrer les points de vente dans toutes les réflexions.
La troisième est qu'un marché de best sellers, sous quelque forme que ce soit, n'est bon pour
aucun acteur de la chaîne du livre. Ni aujourd'hui ni demain. Et c'est là que
les "gros" montrent leurs faiblesses. Faire remonter des informations
en quelques secondes et les classer dans l'ordre décroissant n'est pas un signe
de pertinence. Transformer des statistiques de ventes en outils de conseil non
plus.
Une dernière chose, il ne faut pas perdre de vue l'impérieuse nécessité de faire vite.
[1] plate-forme numérique qui regroupe Flammarion, Gallimard, LaMartinière
[2] plateforme qui regroupe éditis + média participation + michel lafon, le guide michelin…
[3] voir annonce faite à Frankfurt article dans l'Obs
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À sortir, l'histoire décoiffante du cinquième homme du dinosaure anglais. Tout (ou presque) est sur la couverture... On n'est pas obligé pour autant de se remettre à écouter les albums.
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Le poète, romancier et critique littéraire Jérôme Leroy décrit Thierry Marignac comme faisant « partie d’une très vieille tribu littéraire, celle des écrivains dont Octave Mirbeau disait qu’ils se réveillent en colère et se couchent furieux ».
Ne passez pas à côté de ce recueil de nouvelles qui permet de redécouvrir le fulgurant 9,79", un des textes les plus fins et drôles sur les effets de la drogue dans la tête même de Ben Johnson, éphémère champion olympique du 100 m à Séoul en 1988 avant que les tests ne révèlent qu'il était plus chargé qu'un camion au départ de Rungis.
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Les premières pages du dernier volet de sa trilogie UNDERWORLD USA
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Console de salon: Au milieu des
années 90 l'arrivée des consoles "Plug and play" (on branche, on
joue), a changé la face de l'industrie du jeu vidéo. En s'installant dans le
salon sous la télé à côté des magnétoscopes, ces consoles nouvelle génération
ont multiplier les joueurs comme des petits pains. Avant cela, le jeu vidéo
était considéré par beaucoup comme une activité licencieuse juste bonne à
décerveler la jeunesse. Avec les consoles de salon, le jeu vidéo obtiendra la
reconnaissance du grand public et même des pouvoirs publiques. Si Sony et les
différentes versions de sa Playstation fait toujours course en tête, Nintendo
(N64, Game Cube, Wii) et Microsoft (XBox, XBox 360°) ont su s'imposer dans de nombreux foyers à travers le
monde et hisser l'industrie sur des montagnes de dollars et de yens.
Convergence: Il fut un temps – avant que le haut débit ne permette le transport
quasi instantané des contenus* - où chaque activité culturello-informative
nécessitait un appareil dédié ; consoles pour les jeux vidéo, téléviseur et
magnétoscope pour les films, chaîne stéréo et baladeur pour la musique,
téléphone pour téléphoner, ordinateur pour envoyer des messages. Les grands
groupes de l'industrie des loisirs se sont alors ruées (remember JM Messier, AOL/Warner) sur des catalogues de droits pour en tirer
des contenus susceptibles d'être consommés sur chacune de ces machines. La
convergence se pensait alors dans les groupes capables d'exploiter une même licence
sur différents supports. En développant des lecteurs universels capables de
lire tous types de fichiers (iPhone, DS, PSP…) et équipés de capteur WiFi, les
fabricants de matériels informatiques ont démontré que la vraie convergence se
faisait dans les "device*" et les usages.
Catalogue : Le trésor de guerre des producteurs/éditeurs. Avoir un catalogue
c'est la (presque) garantie de pouvoir amortir les à-coups de l'exploitation
des nouveautés qui nécessite d'importants investissements marketing mais dont
on ne peut jamais prévoir le succès. Seule limite, la durée des droits d'auteur après laquelle l'oeuvre tombe dans le domaine public.
Contenus:
Pour paraphraser Lenine ("Le
communisme c'est le socialisme plus l'électricité"), on pourrait dire que le contenu c'est
une œuvre de création plus Internet. Qu'elle est la différence fondamentale
entre une œuvre et un contenu? Sa durée de vie. Un producteur doit trouver tous
les jours des sources de développement pour les œuvres et les artistes de son
catalogue. Il travaille sur un temps long et sur un terrain extrêmement concurrentiel
puisqu'il sort tous les ans près de 100 000 nouvelles références de produits
culturels. Pour un opérateur qui doit trouver des contenus "frais" à
la vitesse des modes et des changements technologiques, le temps d'exploitation
est court. Il lui faut des contenus qui valorisent son service. La valeur
artistique s'efface derrière la valeur d'usage.
Catch up TV:
Séance de rattrapage. Service qui permet aux téléspectateurs de voir ou revoir
des programmes après leur première diffusion sur une chaîne de télé.
Copie privée : Celle que vous avez le droit de faire sans craindre une
irruption des représentants de la loi dans votre salon. Il s'agit de la copie
autorisée, à titre exceptionnel, pour usage… privé.
Chronologie des médias : Afin de protéger les exploitants de cinéma, un usage voulait
que l'ORTF ne diffuse pas les films avant un délai de cinq ans après leur
première sortie en salle. Depuis les années 80, le développement de la vidéo,
des chaînes privées (et de leur implication dans la production d'œuvres de
cinéma), et maintenant de la VOD*, les professionnels de l'ensemble de la
filière cinéma se sont entendus pour définir un calendrier qui définit les
périodes d'exploitation pour chacun des diffuseurs. (calendrier)
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Si, depuis quelques temps les acteurs du livre prennent conscience de l'arrivée du numérique dans leur monde, force est de constater que cette prise de conscience se fait sur les talons, sous la menace, de la part des éditeurs et libraires français.
Je m'explique. C'est parce que Google et Amazon prennent une place de plus en plus importante dans le commerce du livre et qu'ils déstabilisent les acteurs en place que l'édition française réagit. D'abord en se mobilisant contre Google, et maintenant en observant, inquiets, l'arrivée du Kindle d'Amazon, le distributeur étant déjà le premier client chez de nombreux éditeurs.
Le problème, c'est que cette prise de conscience se fait tard et qu'aucune alternative n'est prête pour contrecarrer l'avancée d'Amazon. Si dans un premier temps la librairie indépendante est la plus menacée, les éditeurs de littérature ambitieuse, celle qui nécessite une exposition de qualité et un soutient appuyé des libraires, seront à leur tour pris dans la tourmente.
Les problèmes à venir sont prévisibles depuis longtemps, plus longtemps encore que la note ci-dessous que j'avais écrite il y a plus de deux ans.
À quand les initiatives concrètes ?
(première publication sur ce blog, 5 juin 2007)
Dans le livre, alors que la vente à distance se développe inexorablement et qu'un phénomène de "bestsellerisation" des ventes s'installe depuis quelques années, phénomène qui renforce les grandes surfaces dans leur fonctionnement (moins de références, de stock, de vendeurs spécialisés), le regard porté sur Internet par la grande majorité des éditeurs rappelle fortement la cécité des éditeurs de disques à la fin des années quatre-vingt-dix.
Quand j'interroge, aujourd'hui encore, des éditeurs de livres concernant le développement de leur présence sur Internet en leur rappelant ce qui s'est passé dans le disque, les réponses sont quasiment toujours les mêmes ;
1/ on ne télécharge pas de livre
2/ les gens ne liront jamais sur un ordinateur,
3/ on est protégé par la loi sur le prix unique.
Fin de la conversation. Le problème est évacué pour laisser place aux éternelles discussions sur la largeur de l'offre, les gros lecteurs qui disparaissent et le marketing considéré comme une véritable peste noire…
Pour ne pas avoir réfléchi au-delà de "l'affaire Google", les éditeurs et tous les acteurs du livre, ont laissé Amazon, son application "chercher au cœur"
et son service de vente à distance, capter un public tous les jours plus nombreux qui, de fait, déserte peu à peu les points de vente et en premier lieu les librairies indépendantes de création pourtant les principaux garants du maintien de la visibilité des livres "difficiles" et de la largeur de l'offre en générale.
Et le scénario qui s'est déroulé dans le disque et le cinéma risque fort de se répéter. Premièrement, un affaiblissement des points de vente indépendants augmentant ainsi la dépendance des éditeurs vis-à-vis des chaînes de dsitribution. Deuxièmement, ces enseignes ayant des objectifs de rentabilité basés sur une rotation rapide des stocks (bestsellorisation), elles réduisent peu à peu la largeur de l'offre, notamment la place accordée aux produits difficiles. Troisièmement... beaucoup d'éditeurs et de libraires indépendants vont souffrir.
La crise annoncée du livre est d'autant plus regrettable qu'elle était prévisible. Tout n'est pas encore perdu, encore faut-il faire vite.
On est tout de même en droit de se poser une question : pourquoi les différents secteurs culturels ne cherchent-ils pas à tirer les leçons de ce qui se passe dans les secteurs voisins ?
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Depuis quelques semaines, le monde de l'édition - et du livre tout entier - semble porter un grand intérêt à la question du numérique. L'article publié dans Livre Hebdo en est l'illustration.
On peut toutefois regretter que cette agitation trahisse plus une réaction de panique ( Google /BNF ou Google et les éditeurs) qu'une prise de conscience murement réfléchie, de celle qui ont pour résultat de proposer des solutions nées pour anticiper et accompagner des changements profonds dans les habitudes consommation.
Depuis l'arrivée d'Amazon dans le paysage français en 2000 il ne s'est rien passé. Ou si peu. Si peu, que le fameux portail supposé aider la librairie indépendante face à ce concurrent de poids n'existe toujours pas (voire les notes sur ce sujet dans ce blog). Si peu qu'il n'existe toujours pas de définition du livre numérique qui permettrait d'en fixer le niveau de TVA. Si peu que les principaux éditeurs comme Gallimard, Hachette ou Flammarion développent chacun des offres de numérisation sans savoir si ces différentes techniques seront compatibles sur un même portail ou sur toutes les tablettes numériques en vente. Si peu que même les journalistes concernées ne semblent pas y croire (article sur bibiobs).
Aujourd'hui, c'est les constructeurs qui rivalisent pour imposer les readers, ebooks, tablettes... de demain. Pour le faire, certains passeront des accords avec des distributeurs puissants.
Et alors ? La réponse est simple. Comme dans le sport, si vous ne développez votre propre jeu, vous laissez votre adversaire développer le sien. Pour ne pas avoir considéré Internet avec assez d'attention, le secteur du disque a laissé des acteurs comme Apple et les FAI imposer leurs règles.
Le secteur du livre ne pourra pas dire qu'il ne savait pas.
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Guérif raconte l'histoire de sa rencontre avec Ellroy. En attendant le début 2010 pour la publication de Blood's a rover en français.
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Ses dimensions (15x10,5cm) en font un appareil à peine plus grand qu'un iPhone (11,5x 11,6cm). Autre comparaison possible, c'est un livre de poche en moins long, d'un centimètre d'épaisseur, et d'un poids de 150 gr (un petit steak ou une demie plaquette de beurre...).
Un bouton on/off et une prise pour une carte SD sur le dessus, une prise USB pour les chargements et recharger la batterie dessous, trois boutons ronds sous l'écran (un pour la navigation, un pour le menu, un autre pour les retours), deux sur le côté pour... la navigation également. Contrairement à son prédécesseur pas de prise pour un casque audio. Pas de connexion WiFi ou bluetooth.
Première constatation désagréable. À l'heure des écrans tactiles, des stylets et des claviers full AZERTY, le mode de navigation de l'Opus à un petit côté soviétique rapidement agaçant; cliquer sur un bouton, cliquer pour déplacer le curseur, cliquer pour sélectionner l'opération choisie, cliquer chiffre par chiffre pour chercher une page puis cliquer pour accéder à la page, puis... Et quand je dis cliquer, c'est cliquer.
Passer ce problème, une fois le texte sélectionné, le confort technique de lecture est total. Pas de reflet, pas de rétro éclairage, pas de fond de page trop blanc, trop lumineux. Même l'affichage des images en N&B passe très bien.
Le vrai problème c'est la taille de l'écran (100x75 ce qui est plus petit que celui de son prédécesseur le Gen3 122x91) car, sauf à afficher la même taille de caractère que celle des contrats d'assurance, il est impossible de faire tenir l'équivalent d'une page papier sur l'écran. Alors on clique.
Comme on peut utiliser l'Opus on le tenant verticalement ou horizontalement, (on change de sens en agitant l'appareil d'un coup sec du poignet) si on choisit une taille de caractère normale et le sens vertical, comme l'appareil ne gère pas les coupures de mots, on se retrouve avec des lignes pleines de trous. Alors on clique encore plus souvent.
Si on fait abstraction de ces problèmes, reste la question du confort de lecture. Je m'explique. Les constructeurs ont tellement chercher à optimiser la taille de l'écran et la surface de lecture par rapport à la taille de l'appareil, qu'on se retrouve avec le texte en bord de "page", quasi sans marge. On a l'impression d'avoir le texte dans les mains. Autre facteur déstabilisant, pas de vision de la page d'en face. Pour éliminer ce défaut visiblement plus déstabilisant qu'il n'y parait au premier abord, un constructeur travaille sur une tablette numérique double écran comme la DS.
Une fois l'Opus éteint, plusieurs questions m'assaillent;
1/ Alors que la convergence pousse les constructeurs à concevoir et commercialiser des appareils multi usages (l'iPhone en est aujourd'hui le meilleur exemple), quel est l'avenir des tablettes?
2/ A supposer que les usagers acceptent de promener deux appareils dont une tablette dans leur sac (comme on a un téléphone + un livre dans son sac), quelle taille d'écran est acceptable?
3/ A 249€ l'Opus, 299€ le Sony Reader eBook (229€ le premier iPhone), sachant que des versions nouvelles sortent tous les ans et que l'offre de titres tient plus du Goum de Moscou avant 89 que d'une librairie digne de ce nom, combien de temps faudra t-il pour qu'un nombre d'acheteurs soit conquis et fasse décoller le marché du livre numérique?
À mon avis, les poseurs d'étagères ont encore de beaux dimanches devant eux.
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Un papier dans l'Obs de cette semaine éclaire le retard colossal qu'ont pris les libraires dans leur combat contre Amazon et autres Fnac.com.
D'un côté les ventes de livres sur Internet augmentent tous les jours et les éditeurs se préparent – certes, en ordre dispersé - à commercialiser des fichiers numériques.
De l'autre, TiteLive propose placedeslibraires.fr un portail de commande (en fait une sorte d'annuaire) regroupant 200 librairies* qui se feront une joie de vous vendre des livres que vous aurez commandé par Internet mais que vous irez chercher en magasin.
La démarche est la suivante:
Quelle personne sensée (un militant?) se lancera dans un parcours de ce genre à l'heure où, en 2 clics, je commande et je reçois chez moi en moins de 48h tous les ouvrages que je cherche?
*Le livre, François Rouet, la documentation française
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Dans l'affaire Google vs l'édition française, le silence des représentants de la librairie indépendante me surprend tous les jours un peu plus.
Sachant qu'il en va de sa survie, on comprend que l'édition se mobilise pour maintenir le droit d'auteur et la possibilité de fixer des prix de vente garantissant une clé de répartition satisfaisante pour les différentes parties concernées, aujourd'hui encore au nombre de trois: l'auteur, l'éditeur et le distributeur.
Si, dans un monde du livre en voie de transformation lente (physique + numérique), le rôle de l'auteur et celui de l'éditeur (prise en charge des frais de publication, de promotion, commerciaux) ne peuvent pas être remis en question, on sait que la position du distributeur physique est particulièrement fragile. Parce que la distribution on line (pure player et grandes enseignes) prend de plus en plus de poids et que dans la chaîne du livre numérique, la place de la librairie n'est tout simplement pas encore définie. Simple oubli?
photo : http://www.arnaudfrichphoto.com/librairie-shakespeare-1.htm
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Premier pointage des titres les plus visibles dans la presse. Le Nothomb est accueilli assez froidement et le Beigbeder ne déclenche pas les passions. Le Marie Ndiaye chez gallimard est unanimement salué comme une réussite comme Joseph O'neill et son Netherland chez l'Olivier. Téléchargement Promo2008-2009 V2
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Bonne lecture.
Rentrée oblige, je reprends ma pige
des ouvrages chroniqués dans Libé, Le Monde, Le Figaro, l'Obs, L'express, Le
Point, Télérama, les Inrocks, Elle. J'en publierai le résultat tous les mois.
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Seth Godin a été Vice-Président Marketing Direct de Yahoo! et est considéré comme un des pionniers de l'Internet. Il tient un blog sur le marketing.
En mars 2008, Seth Godin a publié sur son blog la retranscription d'une conférence qu'il a tenue devant un parterre d'executifs américains de l'industrie du disque. Bien qu'un peu datée, elle a le mérite d'avoir pointée des pistes que des artistes comme Radiohead, Prince ou Nine Inch Nails entre autres ont empruntées.
Le texte ci-dessous est une traduction et un montage (pour éviter les redites et garder un fil conducteur cohérent) que j'en ai fait. Le titre et les intertitres sont également de ma "composition".
Le texte original est accessible ici.
And the eighth day, God created rock n'roll
À l'époque de ma jeunesse (Seth Godin est né en 1960), l'industrie du disque, votre industrie, était un business de rêve. Pour plusieurs raisons.
1. Premièrement, c'était un business soutenu par un média complètement dédié à la promotion de vos produits. En programmant vos titres, la radio vous aidait GRATUITMENT à vendre plus.
2. Ce business ressemblait à un oligopole "à franges". Un oligopole existe quand le marché est occupé par un tout petit nombre d'acteurs. En clair, si un groupe espérait percer dans les années 1974, 1984, 1993, il n'avait pas beaucoup le choix puisque le pouvoir était concentré dans les mains de quelques compagnies qui pouvaient lui imposer leurs conditions.
3. La troisième raison est que la musique nous accompagnait dans tous les moments importants de nos vies. Si vous regardez les sites des soirées d'anciens de telle ou telle école, vous trouverez souvent des photos stupides de gens habillés de manière ridicule mais qui dansent tous sur les chansons qu'ils écoutaient cinq ou dix ans plutôt. Les gens de l'industrie de la chaussure n'ont pas cette chance, pas plus que ceux des autres industries.
4. Il existait une multitude de magasins dédiés à la vente de vos produits. C'est eux qui payaient les loyers, pas vous. Bien sûr, ils vous faisaient payer le référencement, mais n'était-ce pas cool pour autant ? Des magasins dont vous n'aviez pas à vous occuper qui vendaient vos produits !
5. Et
puis, vous aviez Dieu à vos côtés . À quand remonte la dernière fois que vous
avez vu un graffiti avec "Starbuck is God"? C'était vraiment le bon
temps.
6. Une
de mes raisons préférées, c'est ce morceau de technologie. Il était si cool et
si peu onéreux à fabriquer que vous pouviez le vendre à un prix raisonnable.
C'était si beau que les gens qui vous voyaient passer avec en voulaient un
exemplaire à leur tour. On ne pouvait pas le copier, une fois usé il fallait le
remplacer et si on le donnait, on ne pouvait plus en profiter ! Mauvaise idée
de s'en être débarrassé !
7. Autre chose encore. Pas un mais DES magazines dédiés à la promotion de vos produits. Pas de magazine sur le café (Godin continue de faire référence à Starbuck qui a lancé son label de musique sur lequel on retrouve McCartney, James Taylor...) mais des dizaines de magazines sur la musique. Et même une chaîne sur le câble. Comprenez bien, les autres annonceurs devaient payer pour voir leurs produits sur cette chaîne. Pas vous !
8. À cette époque, enregistrer un album coûtait pas mal d'argent. C'était une bonne chose parce que les artistes avaient besoin de vous pour payer ces frais.
9. La
dernière raison c'était le TOP 40 (longtemps LA référence des ventes d'albums aux US, publié toute les semaines dans ). Il faut dire qu'il y a quelque chose de
magique à figurer dans les listes des meilleures ventes ; des gens se mettent à
acheter vos produits parce que d'autres l'ont fait avant eux. Rendez-vous
compte : vous êtes populaire parce que vous êtes populaire !
C'était une période bénie. Je vous le garantis. Mais ce n'était pas une raison pour croire que ça allait durer toujours.
Sand in the valine
Si l'industrie du disque est en crise, celle de la musique ne l'est pas. Plus de gens écoute plus de musique tous les jours, probablement cinq fois plus qu'il y a vingt ans. Si l'industrie du disque est en crise c'est parce que toutes les raisons qui l'ont rendue si géniale ont changé.
Vous vous rappelez les gens qui
achetaient les disques des Beach Boys dans les années 60 ? Aujourd'hui, ils
sont vieux. C'est important de garder cette image à l'esprit pour bien
comprendre la chose suivante. Quand on est jeune, on court après la nouveauté,
le truc du moment. Mais ce n'est plus le cas des vieux fans. Eux veulent
simplement se rappeler le bon vieux temps, pas courir après la dernière
nouveauté. Ce n'est pas de votre faute si la génération des baby boomers
vieillit. C'est juste un fait.
L'autre chose, c'est que la technologie a changé. Le digital a remplacé l'analogique ce qui a changé la donne en profondeur. Avant, si je donnais mon disque, je n'avais plus de disque. Avec le digital, quand je donne mon CD j'ai toujours une trace digitale de mon enregistrement qui me permet de l'écouter sur mon ordinateur, mon portable ou mon lecteur MP3. Ça change tout. Je ne dis pas que c'est mieux ou pire, que c'est moral ou immoral, je dis simplement que c'est un fait et qu'il faut faire avec. De même je pense qu'Internet est la nouvelle radio et que l'industrie devrait penser que c'est peut-être une bonne chose pour la promotion de ses produits, et que l'idée d'attaquer en justice les gens avec lesquels vous essayez de faire des affaires n'est pas une très bonne idée en soi.
Vous pouvez maudire le fait qu'il est facile de copier un CD. Vous pouvez maudire le fait que le Top 40 n'est plus aussi important depuis que le digital rend accessible tous les produits commercialisés sans qu'il soit nécessaire de se déplacer dans un magasin. (Seth Godin renvoie à la théorie de la longue traîne, la possibilité d'avoir accès, grâce à Internet et à la prescription faite par les internautes, à des titres/œuvres/artistes qui ne figurent pas parmi les meilleures ventes du moment, ou qui ne sont pas/plus disponibles dans les magasins. Pour les éditeurs c'est la possibilité d'exploiter une infinité de marchés de niche.)
Et alors ? Mieux vaut se dire qu'il n'y a jamais eu autant de talents et de gens prêts à les découvrir ou les redécouvrir.
Get
rich or die tryin
Quand on pense aux périodes de transitions comme celle que traverse l'industrie du disque, il faut garder en tête que les trapézistes timides sont des trapézistes morts. Si vous ne vous lancer pas franchement, même en prenant le risque de vous tromper, la chose dont vous pouvez être sûr est que vous vous tromperez pour de bon.
Il ne faut pas croire qu'on peut passer d'un ancien modèle - aussi parfait soit-il - à un nouveau sans prendre de risque, avec des retours sur investissements garantis sur tranche. Ça n'existe pas. Donc, ce que je vous garantie, c'est que 90% des gens de cette industrie vont bouger timidement… et disparaître.
En revanche, ce que je pense, c'est qu'il y a réellement matière à développer un nouveau buziness de la musique qui peut être encore mieux que le précédent. Ce ne sera pas le même, les compétences dont vous aurez besoin seront différentes mais certains vont gagner gros.
Ce que je vais essayer de faire
ici, c'est de vous parler de quelques tactiques que j'appliquerais si j'étais à
votre place. Mais je ne vous garantis pas que ça marchera à tous les coups. Si
Berry Gordy (fondateur du label Motown) m'avait appelé en 64 je lui aurais probablement aussi donné de
mauvais conseils. Mais j'espère que vous verrez dans cette nouvelle façon
d'aborder les choses des pistes que vous serez mieux capable que moi
d'exploiter.
Premièrement, n'oublions pas que les gens n'écoutent pas des marques mais des artistes. Ce que vous vendez, à la différence de biens d'autres industries, c'est des gens. Il y a quelque chose de magique dans les relations entre deux personnes. Il y a quelque chose de magique dans la relation que nous entretenons avec les gens célèbres. Il y a également beaucoup de gens qui cherchent à entrer en contact avec d'autres, qui cherchent à faire partie d'une tribu, d'un groupe. Le pouvoir que vous avez est donc celui de réunir des gens autour d'un artiste.
Un de mes amis cherchait un billet pour un concert de Springsteen. Il s'est servi d'un autre ami pour y parvenir, pour faire partie de la tribu des gens qui ont leur billet pour ce concert. S'il n'a besoin de personne pour se procurer un album sur le net pour une dizaine de dollars via Amazon ou gratuitement en téléchargement, il avait besoin d'une connection, de quelqu'un d'introduit, de quelqu'un avec qui "partager une poignée de main". C'est la valeur des effets de cette poignée de main qui peut être le cœur de votre nouveau business, de votre nouvelle activité au quotidien.
What's
my name ?
Le point suivant est le plus important. Qui est capable de me répondre si je vous demande la liste de vos 50 000 meilleurs clients ? Personne. C'est regrettable car sans les connaître vous ne pouvez pas leur demander la "permission" de vous adresser à eux. La PERMISSION de s'adresser à quelqu'un, c'est pouvoir lui délivrer des messages pertinents, des informations adaptées… parce qu'il le souhaite qu'il vous y a autorisé. C'est la garantie qu'il en prendra connaissance.
Par exemple. J'ai tous les albums
de Rickie Lee Jones inclus les live
qu'elle vend directement sur son site. Ses agent, tourneurs, managers devraient
savoir qui je suis. J'aimerais bien qu'ils s'adressent à moi pour me dire quand
elle passe dans ma ville, pour me demander si elle devrait faire un duo avec X
ou Y. J'aimerais avoir ce genre de relation. Qu'elle me dise qu'elle est prête
à faire un nouvel album live à condition
d'avoir 10 000 personnes qui le pré achètent. Je signerais. Deux fois même.
Parfois sa maison de disque me hurle dessus pour essayer de me faire passer une
information mais je n'écoute pas parce que ce n'est jamais le bon moment. Je ne
prête pas attention (en anglais, je ne paye pas attention). C'est
pourtant ce que vous essayer d'obtenir des gens, qu'ils payent attention aux artistes que vous leur proposez.
Donc, les gens sont très attentifs aux personnes qui sont assises à leur côté dans les concerts. À cette poignée de main symbolique dont je parlais précédemment. Faire partie d'une tribu bien précise et échanger "vous les aimez vous aussi !".
Dans ce domaine Greatful Dead est
un incroyable exemple. Ils n'ont jamais été de gros vendeurs de disques comparé
à l'argent qu'ils ont gagné avec leurs autres activités (concerts,
merchandising…). Vous saviez quand vous rencontriez quelqu'un à un concert de
GD que vous aviez quelque chose de commun avec cette personne. C'était si
important que vous étiez prêt à dépenser de l'argent pour vous retrouver au
milieu de ces gens. Après que Jerry Garcia (le chanteur et la figure de proue
du groupe) eut disparu, et bien qu'il existe des milliers d'heures de musique
live disponible, les gens regrettent toujours de ne plus pouvoir rencontrer des
gens comme eux pour partager des instants précieux qui permettent de dire plus
tard : "Vous y étiez aussi!". C'est la raison du succès de Facebook.
Tous les jours, 64 millions (en mars 2008, 200 millions aujourd'hui) peuvent retrouver
des gens qui partagent les mêmes centres d'intérêt qu'eux.
Viva
Las Vegas
Ce qui suit est ce que j'appelle la courbe Jerry Seinfeld. Si vous aimez les shows de JS, vous pouvez les voir gratuitement à la télévision deux à trois fois par jour dans le monde entier. Sinon, vous pouvez payer 200 $ (plus les frais) pour le voir à Las Vegas. Mais il n'y a pas de produits à 4 $ et vous ne pourrez pas gagner d'argent en essayant de lancer des produits dans cette fourchette de prix parce que seul ce qui est rare à de la valeur. Je ne vais pas payer pour quelque chose si je peux l'avoir gratuitement. C'est à cette réalité, que j'appelle la courbe JS, que l'industrie du disque doit maintenant faire face. Pour les moins de 18 ans, soit les choses sont gratuites, soit elles doivent avoir une vraie valeur pour que j'accepte de payer pour. Il n'y a plus d'alternative.
Si vous savez qui sont vos clients, que vous avez leur permission pour leur envoyer des informations, que vous êtes équipés pour ça, si vous arrêtez de chercher des clients pour leur vendre de la musique mais commencez à chercher la musique dont vos clients ont envie, l'économie de votre business change complètement.
En clair, il y a beaucoup de musique que l'on aime bien (en anglais like) mais il y en a peu que l'on aime vraiment (love). La différence c'est qu'on ne parle et on ne partage que la musique qu'on aime vraiment. Vous devez arrêter de produire de la musique que les gens aiment bien mais que de moins en moins de gens achètent.
10
000 Maniacs
Et puis il y a l'idée de tribu, elle est essentielle car pour partager des sensations avec "ses semblables", pour sentir cette adrénaline, des gens sont prêts à faire des centaines de kilomètres, à payer pour partager ce "moment-là".
Si vous mettez toutes ces idées
ensemble, on commence à arriver à ce que j'appelle la solution Merchant.
Natalie Merchant l'ex-chanteuse des 10 000 Maniacs a répondu à une interview
dans le New York Times dans laquelle elle dit qu'elle n'a plus de maison de
disque et qu'elle ne sait pas si elle fera à nouveau des albums parce qu'elle
se demande tout simplement comment faire dans l'industrie du disque telle
qu'elle est aujourd'hui. C'est situation est une opportunité pour vous. Natalie
veut faire des albums mais ne veut plus avoir à faire à l'industrie du disque.
30 ans auparavant, Natalie n'aurait pas pu seulement imaginer sortir un album
tout simplement parce qu'elle ne pouvait pas se payer les frais de studio.
C'est là que vous interveniez. Ce n'était pas son boulot de courir dans tous le
pays pour négocier le référencement de ses disques avec les patrons des
magasins, c'était votre boulot.
Maintenant, ce dont elle a besoin c'est quelqu'un qui va lui dire : "Laisse-nous nous occuper de ta communauté. Imaginons un modèle dans lequel tu te concentreras sur ce que tu sais faire – écrire des chansons, les enregistrer, les jouer sur scène, séduire les gens qui t'AIMENT (pas qui t'aiment bien), et nous, on trouvera comment exploiter commercialement tout ça. Et parce qu'il existe d'autres artistes comme toi, les Cowboys Junkies par exemple, on peut imaginer comment parler à vos tribus respectives dans le but de rendre tout le monde heureux. "
Si le modèle 1968 de l'industrie que nous aimions tenait essentiellement sur l'A&R, trouver les artistes que le public aimerait, le prochain model sera celui du management des communautés. Désormais votre activité sera de manager des communautés, des dizaines de communautés. Votre boulot sera de faire en sorte que les gens d'une communauté soient heureux d'en faire partie, de partager avec les autres ce qu'ils aiment, et d'obtenir leur confiance quand vous leur proposerez de nouvelles musiques. Ce peut être le début de la mise en place d'un système de longue traîne qui s'auto-alimenterait en membres, les amateurs de polka aimant être ensemble au même titre que les amoureux de Natalie Merchant. Votre rôle devient celui d'un animateur. En endossant ce rôle d'animateur vous devenez indispensable pour les artistes et les communautés. Les premiers peuvent se consacrer à ce qu'ils savent faire le mieux sans être coincés par des contrats qui les étouffent, les seconds peuvent partager leur amour d'un artiste et en découvrir d'autres. Il y a une énorme valeur ajoutée et de grandes perspectives à devenir ce nouvel intermédiaire !
Here
today gone tomorrow
Comparons rapidement les axes tactiques HIER/AUJOURD'HUI/DEMAIN
En résumé, la question ne se pose plus en terme de "combien (je touche de personnes)" mais "qui (je touche)". A qui vous adressez un message, quels sont les relais d'opinion importants pour le toucher, les membres importants aux yeux de sa communauté, les canaux qui correspondent à ses goûts… Quels sont les gens qui vont parler à d'autres personnes intéressées par les artistes avec lesquels je travaille. Quelles sont les personnes de référence qui dénichent les tendances du moment.
Parce que vous saurez
Rédigé par gilles lanier dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Un article de Rue89 sur un libraire indépendant du Xème arrondissement de Paris. Un point intéressant et riche d'enseignement ; on peut résister à une grande surface culturelle !
Rédigé par gilles lanier dans Distribution, Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)